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Israël. Il faut lever les restrictions « absurdes » qui pèsent encore sur Mordechai Vanunu, 10 ans après sa libération

Dix ans après avoir entièrement purgé la peine à laquelle il avait été condamné pour ses révélations à la presse sur le programme israélien d'armement nucléaire, Mordechai Vanunu continue à subir des restrictions sévères et arbitraires à sa liberté de mouvement, d'expression et d'association, a déclaré Amnesty International.

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L'Arabie saoudite arrête un avocat et militant en faveur des droits humains sur fond de répression de la dissidence

L'Arabie saoudite doit immédiatement libérer Waleed Abu al Khair, défenseur des droits humains et avocat de premier plan, qui a été appréhendé après sa cinquième audience devant le tribunal pénal spécial mardi 15 avril et conduit à la prison d'al Hair sans aucune explication, a déclaré Amnesty International.

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Libye. Le procès par vidéoconférence d'anciens hauts responsables du régime Kadhafi tournerait la justice en dérision

Le procès d'anciens hauts responsables libyens, parmi lesquels Saif al Islam Kadhafi, risque de tourner à la mascarade après que le tribunal a ordonné lundi 14 avril que cet homme et six autres accusés soient jugés par vidéoconférence, a déclaré Amnesty International.

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Kenya. Les Somaliens dans une situation inextricable en raison de la répression visant les réfugiés

 

Les réfugiés et demandeurs d’asile somaliens vivant au Kenya se retrouvent dans une situation inextricable à cause de la répression menée dans le cadre de la lutte antiterroriste, a déclaré Amnesty International alors que des milliers de Somaliens continuaient d’être arrêtés par les forces de sécurité à Nairobi.

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Nigeria. Le sort d’un homme ayant «disparu» après avoir publié des photos sur Twitter suscite une inquiétude croissante

Le sort d’un homme qui a disparu il y a 11 jours après avoir publié sur Twitter des photos d’une tentative d’évasion commise à Abuja suscite des inquiétudes de plus en plus vives, a déclaré Amnesty International vendredi 11 avril en se joignant à une action lancée sur Twitter en faveur de cet homme.

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Le président égyptien doit rejeter des propositions de loi contre le terrorisme qui présentent des failles

De nouvelles lois antiterroristes devant être promulguées par le président égyptien présentent de graves failles et doivent être abandonnées ou révisées en profondeur, a déclaré Amnesty International.

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La répression menée en cette période préélectorale révèle des « failles béantes » dans le bilan des droits humains en Algérie

  • La liberté d'expression, d'association et de réunion est menacée, le droit de manifester est restreint, une chaîne de télévision privée a été interdite d'antenne et les ONG sont dans le flou juridique
  • Groupes internationaux de défense des droits humains et spécialistes de ces droits aux Nations unies ne sont pas les bienvenus
  • Les syndicats indépendants sont harcelés, sur fond de tensions sociales et de manifestations contre le chômage
  • Le droit ne protège pas les femmes contre les violences liées au genre, ni les suspects contre la torture
  • Rien n'est fait pour lutter contre l'impunité généralisée

Les restrictions croissantes à la liberté d'expression imposées en cette période préélectorale en Algérie font apparaître des failles choquantes dans le bilan global des droits humains dans le pays, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique lundi 14 avril.

Les efforts visant à réduire les opposants au silence et à étouffer les troubles sociaux sont l'un des principaux motifs de préoccupation de l'organisation en rapport avec l'élection présidentielle qui se tiendra en Algérie jeudi 17 avril, et dans le cadre de laquelle le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, brigue un quatrième mandat controversé. Parmi les autres problèmes figurent les lacunes juridiques qui font le lit de la torture et d'autres formes de mauvais traitements, et qui empêchent de protéger efficacement les femmes contre les violences liées au genre, ainsi que l'impunité qui prévaut pour les violations passées.  

« La stratégie des autorités algériennes a été d'étouffer dans l'œuf toute tentative visant à les défier ou à remettre leur bilan en question. Étant donné l'imminence de l'élection présidentielle, elles intensifient actuellement la répression et montrent qu'elles ne tolèreront aucune critique publique, à quelque niveau que ce soit », a déclaré Nicola Duckworth, directrice générale chargée des recherches à Amnesty International.

« Il semble y avoir un effort concerté de la part des autorités algériennes pour contrôler la narration de la campagne électorale, par le biais du renforcement de leur mainmise sur la liberté d'expression. L'absence de débat public et les restrictions pesant sur le droit de critiquer ou de protester pour exprimer des revendications sociales ou des exigences politiques font planer le doute sur cette élection. »

Plusieurs journalistes étrangers attendent toujours qu'on leur accorde un visa pour se rendre sur place et couvrir l'élection, tandis que cela fait des années que des groupes internationaux de défense des droits humains tels qu'Amnesty International se voient refuser des visas pour l'Algérie.

L'état d'urgence a été levé en Algérie en 2011, et pourtant la liberté d’expression, d’association et de réunion reste soumise à des restrictions. Bien que l'Algérie soit un pays producteur de pétrole, les troubles sociaux et économiques alimentés par la corruption, la hausse du coût de la vie, le taux de chômage élevé et la crise du logement se poursuivent. Les autorités algériennes ont déjà largement réagi à ces actions de protestation en les dispersant par la force, ainsi qu'en harcelant et en arrêtant manifestants et militants syndicaux.

Malgré l'interdiction frappant les manifestations à Alger, après un premier tour de vis début mars, les autorités n'ont pas dispersé par la force les manifestations pacifiques qui se sont déroulées dans la capitale en présence d'un important dispositif de sécurité.

Les autorités continuent cependant à s'en prendre aux Algériens, notamment aux journalistes qui s'écartent du discours officiel pro-Bouteflika. Dans un cas récent très choquant, l'épouse d'un journaliste ayant couvert des manifestations d'opposition a été agressée par trois individus vêtus en civil qui appartenaient semble-t-il aux forces de sécurité. Ils l'auraient menacée de leurs armes et auraient exigé que son mari cesse de critiquer les autorités sur Facebook, avant de l'ébouillanter avec de l'eau brûlante.

Le mois dernier, les forces de sécurité ont effectué une descente à Al Atlas TV, une chaîne de télévision privée qui avait critiqué les autorités dans ses émissions. Elle a été forcée de suspendre ses activités et interdite d'antenne le 12 mars 2014. Aux termes de la législation en vigueur, seuls les médias publics bénéficient d'une licence de diffusion sans restriction ; certaines chaînes privées se voient accorder des licences temporaires susceptibles d'être révoquées sans réel préavis.

« S'attaquer à une chaîne privée simplement parce qu'elle se fait l'écho d'opinions différentes est une atteinte répréhensible à la liberté d'expression », a déclaré Nicola Duckworth.

Une loi de 2012 régissant le fonctionnement des associations impose des restrictions supplémentaires aux personnes souhaiter enregistrer une organisation indépendante, et durcit la règlementation relative aux financements étrangers, sous couvert de protection des valeurs ou mœurs nationales. Un certain nombre d'associations ayant critiqué la politique du gouvernement, notamment celles œuvrant contre la corruption et les violences sexuelles, ou celles réclamant vérité et justice au sujet des disparitions forcées, n'ont pour l'instant pas été en mesure de s'enregistrer. Amnesty International Algérie, légalement enregistrée dans le pays depuis 1991, s'est tout récemment vu refuser l'autorisation requise pour l'organisation de son assemblée générale annuelle.

« Outre les mesures de répression visant la société civile, les autorités algériennes n'ont pas non plus suivi les recommandations des Nations unies les engageant à combler les lacunes des lois en vigueur, qui permettent que des actes de torture et d'autres formes de mauvais traitements aient lieu. Les garanties contre la torture inscrites dans le droit algérien à l'heure actuelle sont terriblement insuffisantes. Le bilan désastreux du pays en matière d'impunité pour les violations commises par l'Etat, séquelle tragique du conflit interne sanglant qu'a connu l'Algérie, ne fait qu'aggraver cette situation », a déclaré Nicola Duckworth.

La prise d'otages à l'usine de gaz d'In Amenas, en janvier 2013, lors de laquelle plus de 40 employés et 29 preneurs d'otages ont été tués, a mis en relief les menaces pesant sur la sécurité du pays, ainsi que le bilan lamentable des forces de sécurité. Les forces algériennes de sécurité se sont rendues coupables de violations graves, dont des actes de torture, des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires et des détentions secrètes, au nom de la lutte contre le terrorisme. Ce bilan n'a cependant pas été pris en considération dans le cadre d'actions de coopération mises en place avec les États-Unis, la France et le Royaume-Uni dans le domaine de la sécurité.

Il reste encore à introduire des réformes de grande ampleur pour en finir avec les discriminations et les violences dont les femmes sont victimes, mais aussi pour respecter les droits des migrants. Par ailleurs, les mesures d'amnistie accordant l'immunité à des personnes ayant commis toutes sortes de violations affligeantes en Algérie par le passé ont seulement permis de consacrer l'impunité.

« En dépit de nombreuses promesses de réforme, les failles béantes que présente le bilan de l'Algérie en matière de droits humains persistent, même dans les domaines que les autorités affirment avec fierté avoir améliorés. Les discriminations et violences faites aux femmes restent monnaie courante », a déclaré Nicola Duckworth.{jcomments on}

La force de maintien de la paix de l’ONU au Sahara occidental doit assurer le suivi de la situation des droits humains

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit étendre le mandat de sa force de maintien de la paix au Sahara occidental pour y intégrer un mécanisme de suivi de la situation des droits humains, a déclaré Amnesty International, alors que les manifestations pacifiques  sont réprimées et que des informations font état de militants torturés en garde à vue au cours de l’année 2013.

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Chine. Le rejet de l’appel d’un militant détenu est une « parodie de justice »

La décision de la cour chinoise de rejeter l’appel interjeté par l’éminent militant Xu Zhiyong et de confirmer sa condamnation à une peine de quatre ans de prison est un affront pour la justice, a déclaré Amnesty International.

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La crise des droits humains en République centrafricaine

 

 

 

Le contexte

Les forces de la Séléka (terme qui signifie « alliance » en sango, la langue nationale) se sont rendues responsables d’atteintes aux droits humains systématiques et généralisées en République centrafricaine au cours de l’année 2013. Après des saccages meurtriers qui ont débuté dans le nord-est, elles se sont déployées dans tout le pays, s’emparant de la capitale Bangui et renversant le président de l’époque, François Bozizé, en mars 2013. Au cours des 10 mois qui ont suivi, les membres de la Séléka ont tué un nombre incalculable de civils, incendié de nombreux villages et pillé des milliers d’habitations (voir le document d’Amnesty International, République centrafricaine. La crise des droits humains devient incontrôlable, AFR 19/003/2013).

La Séléka a exercé un pouvoir arbitraire et violent, qui a suscité un fort degré d’hostilité entre les communautés. En République centrafricaine, la majorité de la population est chrétienne, comme l’ancien président François Bozizé. Le leader de la Séléka Michel Djotodia, qui fut président de transition jusqu’au 10 janvier 2014, est musulman, comme la plupart des membres de la Séléka.

Les violations des droits humains commises par la Séléka ont contribué à faire émerger des milices anti-balaka (terme qui signifie « anti-machette » en sango), peu structurées et composées de chrétiens et d’animistes opposés au régime de la Séléka. Au cours des quatre derniers mois de 2013, les combattants anti-balaka ont mené de terribles attaques contre les communautés musulmanes, particulièrement dans le nord-ouest de la République centrafricaine, dans de nombreux villages autour de la ville de Bossangoa.

Le 5 décembre 2013, les anti-balaka ont lancé une offensive contre Bangui, déclenchant une explosion de violence qui a réduit à néant ce qui restait du tissu social dans le pays. Lorsque les forces de la Séléka sont parvenues à repousser cette offensive, elles se sont livrées à de vastes représailles contre les chrétiens dans la ville. Bien que les combattants de la Séléka aient parfois affirmé poursuivre les militants anti-balaka, ils ne se sont pas vraiment efforcés de faire la distinction entre militants et non-militants, tuant entre 800 et 1 200 personnes, principalement des hommes civils.

Les forces militaires françaises dotées d’un mandat de l’ONU ont commencé à se déployer en République centrafricaine durant les violences de début décembre 2013, se joignant à la modeste force de maintien de la paix sous conduite africaine déjà en place. Un millier de soldats de l’Union européenne devraient bientôt les rejoindre, intégrés dans une mission de maintien de la paix de l’ONU en septembre 2014.

Comment la situation a-t-elle évolué en République centrafricaine depuis janvier 2014 ?

La situation en République centrafricaine a radicalement changé après la démission du président Michel Djotodia le 10 janvier 2014 et l’élection d’une nouvelle présidente par intérim, Catherine Samba Panza, peu après.

Dès que Michel Djotodia a quitté ses fonctions, les forces de la Séléka ont commencé à se retirer de leurs avant-postes à travers le pays. Ville après ville, une fois les combattants de la Séléka partis, les milices anti-balaka ont repris le contrôle et lancé des attaques violentes contre la minorité musulmane. Les forces internationales de maintien de la paix ont mis beaucoup de temps à se déployer dans le pays, laissant le champ libre aux anti-balaka pour asseoir leur pouvoir et leur autorité. Ils ont tué plusieurs centaines de civils musulmans, parfois dans le cadre de massacres de grande ampleur, pillé des habitations et des boutiques de musulmans, et incendié et détruit des mosquées. Parmi leurs victimes figuraient des femmes et de jeunes enfants ; dans certains cas, des familles entières ont été décimées. Leur objectif déclaré était de débarrasser le pays des musulmans pour toujours.

Les anti-balaka sont aujourd’hui les principaux auteurs de violence, particulièrement à Bangui et dans la partie ouest du pays. Les membres de la Séléka qui se sont retirés vers le nord continuent de commettre de graves atteintes aux droits humains dans les territoires qu’ils contrôlent. Aujourd’hui, le système judiciaire centrafricain ne fonctionne pas, et il est très difficile de mener des enquêtes policières, d’ouvrir des procédures judiciaires et de procéder à des incarcérations. Dans le pays, règne une impunité totale pour les violations des droits humains.

Au cours des derniers mois, on a assisté à un nettoyage ethnique massif et à l’exode forcé de dizaines de milliers de civils musulmans vers les pays voisins, le Tchad, le Cameroun et la République démocratique du Congo (RDC). La majorité de cette nouvelle population de réfugiés vit dans des camps de fortune, dans des conditions épouvantables.

Les quelques milliers de musulmans qui restent dans la capitale et la partie occidentale du pays (où ils représentaient environ 15 % de la population) sont presque tous déplacés. Beaucoup se réfugient dans des églises et la plupart attendent leur évacuation, dans la peur d’être attaqués par les anti-balaka.

En République centrafricaine, plus de 650 000 personnes sont toujours déplacées. Des milliers de maisons ont été pillées et incendiées, et nombreux sont ceux – chrétiens comme musulmans – qui n’ont nulle part où rentrer.

S’agit-il d’un conflit religieux ?

Les civils sont pris pour cibles en fonction de leur religion, mais pas en raison de leurs croyances ni de leurs pratiques religieuses. Les différentes communautés religieuses vivaient ensemble pacifiquement depuis des générations, les mariages intercommunautaires n’étant pas rares et les quartiers mélangés ; mais la défiance et même la haine sont désormais ancrées dans les différentes communautés religieuses. La religion est considérée comme un indicateur crucial de la loyauté de chacun envers les différents groupes armés du pays.

Tous les chrétiens et les musulmans ne se sont pas laissés happer par la haine intercommunautaire. En effet, de nombreux civils musulmans ont été protégés par leurs voisins chrétiens ou ont cherché – et trouvé – refuge dans des églises et des missions catholiques. En outre, certains chrétiens, notamment les femmes mariées à des musulmans, ont été menacés et brutalisés par les milices anti-balaka.

Amnesty International a qualifié l’expulsion forcée de musulmans hors de République centrafricaine de « nettoyage ethnique » (voir le rapport Nettoyage ethnique et tueries intercommunautaires en République centrafricaine, AFR19/004/2014). Bien que ce terme ne soit pas défini en droit international, une commission d’experts de l’ONU l’a défini comme une « politique délibérée conçue par un groupe ethnique ou religieux visant à faire disparaître, par le recours à la violence et à la terreur, des populations civiles appartenant à une communauté ethnique ou religieuse distincte de certaines zones géographiques ».[1] Chaque milice anti-balaka opère sous les ordres d’un commandant local, mais avec l’objectif commun de débarrasser le pays de sa population musulmane. De tels agissements peuvent constituer des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.

Comment les nouvelles autorités de transition gèrent-elles les groupes armés ?

Au sein du nouveau gouvernement, dirigé par la présidente Catherine Samba-Panza, la Séléka et les milices anti-balaka sont représentées. Des négociations sont en cours entre le gouvernement et les chefs des milices. On a assisté à plusieurs scissions au sein de ces deux mouvements armés, notamment au sujet du désarmement.

Quelque 8 000 combattants de la Séléka sont toujours cantonnés, sans être désarmés, dans les camps militaires de Bangui et attendent de bénéficier d’un programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration. Si certains anti-balaka sont prêts à déposer les armes s’ils bénéficient des mêmes avantages que les ex-Séléka, des dirigeants radicaux au sein des deux groupes armés enjoignent à leurs troupes de continuer le combat. Ce phénomène vaut aussi pour l’ancienne armée, les Forces Armées Centrafricaines (FACA), dispersée depuis le départ du président François Bozizé. Tout comme d’anciens policiers et gendarmes, certains ex-FACA ont accepté de réintégrer leurs postes sous la supervision des troupes internationales de maintien de la paix à Bangui. Cependant, d’autres se sont rassemblés dans le nord pour former un nouveau groupe armé baptisé Renouveau et Justice, et recrutent des combattants anti-balaka. Ce groupe contrôle désormais un vaste territoire le long de la frontière avec le Cameroun et le Tchad.

Les anti-balaka ont pris le contrôle d’un nombre croissant de quartiers de la capitale Bangui. Ils ont lancé, notamment depuis le 22 mars 2014, des attaques répétées contre des civils et la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA). Le reste du pays demeure largement hors de contrôle : le gouvernement n’a aucune autorité en dehors de Bangui et s’appuie sur les forces internationales de maintien de la paix. Certains membres de la Séléka qui ont fui Bangui se sont regroupés dans des villes où les troupes internationales ne sont pas présentes, notamment dans le nord-est du pays. Ils continuent d’y commettre des atrocités, et ne montrent aucune volonté de rendre les armes. D’autres ont fui le pays, principalement vers le Tchad, ce qui soulève de graves doutes quant à la possibilité qu’ils comparaissent un jour en justice.

Qu’advient-il de ceux qui fuient la République centrafricaine ?

Des dizaines de milliers de personnes contraintes de fuir les violences en République centrafricaine sont confrontées à une autre catastrophe humanitaire dans les pays voisins, notamment le Tchad, le Cameroun et la RDC. Avec l’arrivée de la saison des pluies, la situation déjà désespérée va rapidement se dégrader, si l’on ne leur fournit pas de toute urgence des abris, de la nourriture et des structures médicales.

Lors d’une mission menée au Tchad début mars 2014, les délégués d’Amnesty International ont constaté que des milliers de personnes ayant fui la République centrafricaine ont été abandonnées par les autorités tchadiennes et les agences humanitaires ; beaucoup souffrent de malnutrition sévère et n’ont pas d’autre abri que l’ombre des arbres. La plupart des camps où vivent ces personnes sont trop proches de la frontière, ce qui accroît leur insécurité et leur vulnérabilité.

Quel est le degré d’implication de la communauté internationale ?

En décembre 2013, le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé le déploiement de forces internationales, composées de 6 000 soldats de l’Union africaine (dans le cadre de la MISCA) et de 2 000 troupes françaises (dans le cadre de l’opération « Sangaris »). Cependant, ces forces ne se sont pas déployées rapidement en dehors de Bangui pour protéger les civils. Le 1er avril, l’Union européenne a lancé l’opération militaire EUFOR-RCA : quelque 1 000 soldats seront bientôt envoyés à Bangui, afin de permettre le redéploiement des troupes internationales déjà présentes sur le terrain dans d’autres provinces. Il s’agit d’une « mission de transition », jusqu’à ce que la force de maintien de la paix des Nations unies composée de 12 000 soldats et policiers, puisse prendre position en République centrafricaine. La date fixée est le 15 septembre 2014.

 Que demande Amnesty International

Amnesty International demande à la communauté internationale de :

  • doter la MISCA et les autres forces internationales de maintien de la paix de moyens suffisants pour renforcer leur capacité à se déployer rapidement dans toutes les régions du pays, afin de protéger efficacement la population civile, notamment à l’intérieur et aux abords des sites où vivent des personnes déplacées, ainsi que dans les villes isolées où des musulmans sont toujours présents ;
  • entreprendre sans tarder les activités de préparation et de planification nécessaires en vue de la transformation de la MISCA en une opération de maintien de la paix des Nations unies, comme demandé par la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité ;
  • garantir une bonne coordination entre toutes les forces militaires présentes en République centrafricaine, notamment la MISCA, les forces françaises (opération Sangaris) et l’EUFOR-RCA ;
  • accélérer le processus de désarmement et veiller à ce qu’aucun État n’apporte un soutien quel qu’il soit ni ne fournisse aucune arme aux milices actives en République centrafricaine, conformément à l’embargo sur les armes de l’ONU (résolution 2127 de 2013) ;
  • accélérer le déploiement efficace et coordonner l’action des différents observateurs chargés de veiller au respect des droits humains, notamment le travail de la commission internationale d’enquête, en vue d’aider à identifier les auteurs de violations, notamment de crimes relevant du droit international, et de les amener à répondre de leurs actes ;
  • veiller à la reconstitution rapide de l'appareil judiciaire et des autres organes de justice, comme les tribunaux, les prisons et les services du parquet ;
  • veiller à ce que les réfugiés qui fuient vers les pays voisins soient identifiés et reçoivent la protection adéquate via une coopération efficace entre le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et les autorités nationales du Tchad, du Cameroun et de la République démocratique du Congo (RDC).

Liens vers les publications d’Amnesty International sur la République centrafricaine :

Communiqué de presse, L’UE et les dirigeants africains ne doivent pas manquer à leurs obligations envers la population de la République centrafricaine, 2 avril 2014

Communiqué de presse, République centrafricaine. Il faut déployer sans délai les soldats de la paix de l’UE pour juguler l’escalade de la violence, 26 mars 2014

Carte interactive pour comprendre la crise des droits humains en République centrafricaine et découvrir les témoignages des survivants, 7 mars 2014

Communiqué de presse, Tchad. Nouvelle crise humanitaire pour les personnes fuyant les violences en République centrafricaine, 5 mars 2014

Communiqué de presse, République centrafricaine. Le Conseil de sécurité doit agir de toute urgence pour remédier à la crise, 28 février 2014

Rapport, Nettoyage ethnique et tueries intercommunautaires en République centrafricaine, 12 février 2014, AFR19/004/2014

Déclaration publique, République centrafricaine. «Aucun d’entre nous n’est en sécurité» : crimes de guerre et crimes contre l’humanité en République centrafricaine, 19 décembre 2013, AFR 19/013/2013

Rapport, République centrafricaine. La crise des droits humains devient incontrôlable, 29 octobre 2013, AFR 19/003/2013

 [1] Rapport de la Commission d’experts des Nations Unies constituée conformément à la résolution 780 (1992) du Conseil de sécurité des Nations unies, 27 mai 1994.

 

 

 

L’Égypte doit mettre fin à la détention « motivée par la vengeance » de journalistes d’Al Jazeera

La détention prolongée de trois journalistes d’Al Jazeera inculpés de falsification d’informations et d’appartenance au mouvement interdit des Frères musulmans est une mesure « motivée par la vengeance »des autorités égyptiennes, a déclaré Amnesty International avant la dernière audience les concernant.

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Un tribunal russe impose la fermeture d'une importante ONG de défense des droits humains

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Philippines. La Cour suprême soutient une loi historique sur les droits reproductifs

L’arrêt rendu mardi 8 avril 2014 par la Cour suprême des Philippines, qui a jugé constitutionnelle une loi historique sur la santé reproductive, est une importante victoire pour les millions d’habitantes de ce pays, a déclaré Amnesty International.

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États-Unis/Royaume-Uni. Snowden affirme que des services du renseignement ont pris pour cible des défenseurs des droits humains

Les dernières révélations d'Edward Snowden donnent à penser que des défenseurs des droits humains, y compris des salariés d'Amnesty International, ont très probablement été la cible d'une surveillance de masse de la part des services d'espionnage américains et britanniques.

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France. « Ils ont dit qu’ils nous tueraient si nous restions. »

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Des nations du Moyen-Orient sont responsables du pic inquiétant de la courbe des exécutions

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