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Fidji devient le 99e État à abolir la peine de mort

Il y a quelques semaines, le 13 février, nous apprenions une bonne nouvelle : Fidji rejoignait les rangs des pays ayant aboli la peine de mort pour tous les crimes. Aujourd'hui, 99  États, exactement la moitié des pays du globe, ont complètement rayé de leur législation ce châtiment cruel et inhumain. 

La surveillance de masse exercée par les États-Unis rencontre une opposition mondiale

La surveillance de masse exercée par les États-Unis concernant l’utilisation d’Internet et des réseaux téléphoniques est un affront à l’opinion publique mondiale, a déclaré Amnesty International à l’occasion de la publication d’un sondage de grande ampleur accompagnant le lancement de sa campagne mondiale #UnfollowMe.

Myanmar. Les violences policières contre les manifestants doivent prendre fin

La violente répression menée par la police contre des manifestants en grande partie non violents au Myanmar constitue un recours à la force injustifié et excessif, et doit cesser immédiatement, a déclaré Amnesty International.

Syrie. Les attaques illégales menées par les forces gouvernementales ont tué de nombreux civils à Raqqa

Un nouveau rapport d’Amnesty International fournit des éléments accablants prouvant que les forces gouvernementales syriennes ont tué illégalement de nombreux civils lors d’une série de raids aériens menés sur la ville de Raqqa en novembre 2014 en violation du droit international humanitaire. Certaines de ces attaques pourraient constituer des crimes de guerre.

Intitulé Al-Raqqa under attack: Syrian air force strikes against civilians , ce document rend compte d’une série de raids aériens menés entre le 11 et le 29 novembre qui ont entraîné la mort de 115 civils, dont 14 enfants. Ces bombardements ont notamment visé une mosquée, un marché bondé et d’autres bâtiments qui n’étaient pas utilisés à des fins militaires.

« Les forces gouvernementales syriennes ont fait preuve d’un mépris flagrant pour les règles de la guerre lors de ces raids aériens menés sans pitié. Certaines de ces attaques ont tout l’air d’être des crimes de guerre, a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Selon les autorités syriennes, ces attaques devaient viser des membres et des bases du groupe armé qui se fait appeler État islamique (EI). Ce dernier s’est emparé de Raqqa en juin 2014 et a déclaré cette ville capitale du « califat islamique » composé de territoires sous son contrôle en Irak et en Syrie. Cependant, les éléments rassemblés par Amnesty International montrent que, dans la plupart des cas, aucune cible militaire n’a pu être identifiée à proximité des zones bombardées.

Au cours de la journée la plus meurtrière des attaques sur Raqqa, le 25 novembre, les forces gouvernementales ont bombardé plusieurs zones civiles, touchant une mosquée, un marché bondé, des commerces, un pôle de transports, un site de stockage et un immeuble d’habitation.

Un témoin qui a décrit la scène à Amnesty International après le bombardement du marché du Musée a indiqué que 40 bâtiments avaient été endommagés. D’après lui, il n’y avait pas de base ou de point de contrôle militaire à proximité.

« C’était catastrophique [...]. Ce marché, le principal de Raqqa, est généralement bondé dans la journée ; j’ai vu des morceaux de corps partout. J’ai transporté 40 corps jusqu’à des voitures, des ambulances et des pick-up qui les ont emmenés [à l’hôpital]... J’ai vu au moins 50 personnes blessées grièvement et légèrement. »

Un témoin d’une attaque sur la cité industrielle a décrit une scène tout aussi terrible : « J’ai vu des morceaux de corps partout, j’ai vu des corps brûlés et des personnes blessées aux extrémités. J’ai aussi vu un corps suspendu à la ligne électrique, probablement projeté par l’explosion », a-t-il raconté.

Des habitants ont indiqué que la cité industrielle était un quartier densément peuplé et qu’il n’y avait pas de base ou de point de contrôle de l’EI à proximité, mais que les combattants de cette organisation utilisaient parfois des garages de la zone pour réparer leurs véhicules.

Lors de la plupart des attaques, aucune cible militaire claire n’avait pu être identifiée. Dans quelques cas, des témoins ont déclaré avoir vu des combattants de l’EI à proximité, mais précisé que les membres de l’EI étaient habillés en civil et qu’il était loin d’être évident qu’ils étaient les cibles de ces attaques. Dans le bombardement de la mosquée, des témoins ont affirmé que des combattants présumés de l’EI figuraient parmi les personnes tuées, mais qu’ils participaient à la prière du vendredi aux côtés des fidèles civils à ce moment-là.

« C’était pendant la prière et la mosquée était remplie. J’ai vu de la chair par terre et beaucoup de corps et de blessés. Je ne me souviens pas du nombre exact car j’étais en état de choc », a notamment raconté l’un d’eux.

« La présence de membres de l’EI n’autorise pas les autorités à bombarder intensivement la zone sans tenir compte des probables pertes civiles », a déclaré Philip Luther.

Au moins plusieurs des attaques du gouvernement syrien à Raqqa qui ont tué ou blessé des civils étaient disproportionnées ou menées sans discernement. Il est probable que certaines visaient directement des biens de caractère civil et des civils. Les attaques de ce type doivent faire l’objet d’enquêtes en tant que crimes de guerre.

Le gouvernement syrien semble reproduire dans tout le pays une pratique bien établie consistant à punir brutalement la population civile de la présence de ses opposants armés.

Les civils vivant à Raqqa subissent le règne de la peur depuis que l’EI s’est emparé de la zone. Ils sont contraints d’observer l’interprétation radicale de la charia (loi islamique) imposée par l’EI. Ceux que l’EI considère comme ayant transgressé ses décrets ou qui sont soupçonnés d’être opposés à son régime sont punis par des exécutions sommaires, des amputations et des flagellations.

« Les habitants de Raqqa doivent déjà supporter la réalité de la vie sous le régime brutal de l’EI. Le fait de punir toute une population civile uniquement parce que la ville où elle vit est actuellement contrôlée par l’EI n’est jamais justifiable, a déclaré Philip Luther.

« Le gouvernement ne peut continuer à justifier la brutalité massive en prétextant qu’il ne cherche à viser que des “terroristes”. Il s’est servi maintes fois de cette excuse pour procéder à des bombardements menés sans discernement qui ont tué et blessé des milliers de civils. »

Quatre ans après le début de la crise en Syrie, le lourd tribut payé par les civils est évident. Toutes les parties au conflit ont complètement piétiné la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en février 2014, qui les appelait à cesser les attaques contre des civils et les attaques menées sans discrimination, à lever les sièges de zones peuplées, à mettre fin aux détentions arbitraires de civils et à la torture, et à permettre l’accès de l’aide humanitaire sans entrave.

« L’EI et les forces gouvernementales commettent des crimes épouvantables contre des civils dans toute la Syrie. À moins que le Conseil de sécurité ne fasse appliquer sa résolution, leur souffrance ne pourra que se multiplier, a déclaré Philip Luther.

« Une saisine de la Cour pénale internationale ferait comprendre à toutes les parties au conflit que ceux qui ordonnent ou commettent des crimes de guerre seront traduits en justice, et un embargo sur les armes contribuerait à endiguer le flux des armes utilisées pour perpétrer ces crimes. »

Plongée dans la crise depuis quatre ans, la Syrie a perdu 83 % de ses lumières

Depuis le début du conflit syrien, 83 % des lumières se sont éteintes dans le pays, a révélé une coalition mondiale constituée d’organisations humanitaires et de défense des droits humains à l’approche du 15 mars 2015, date marquant le quatrième anniversaire du conflit.

Arabie saoudite. Trois nouvelles exécutions contribuent à un pic sans précédent dans l’application de la peine de mort

Il est à craindre que l’Arabie saoudite ne dépasse - et de loin - son précédent bilan annuel en termes d’exécutions, a déclaré Amnesty International après que trois hommes ont été mis à mort mercredi 11 mars au matin, ce qui porte à 44 le nombre d’exécutions menées depuis le début de l’année dans ce pays.

Des milliers de personnes risquent d’être exécutées par pendaison après le retour de ce châtiment au Pakistan

Des milliers de condamnés à mort risquent désormais d’être envoyés à la potence au Pakistan, le gouvernement ayant confirmé avoir modifié sa politique relative à la peine de mort en annonçant que les exécutions reprendraient pour l’ensemble des crimes punis par la peine capitale, a déclaré Amnesty International.

Le recul général des droits des femmes a des effets dévastateurs

 

Deux décennies après l'adoption d'un accord mondial historique sur l'égalité des genres, des réactions très hostiles menacent de dépouiller des femmes et des jeunes filles de leurs droits, a déclaré Amnesty International en prévision d'une réunion cruciale aux Nations unies, à New York.

Une nouvelle tragédie dans la Méditerranée met en évidence l'échec de l'UE en matière de sauvetage

La mort d'au moins 10 nouveaux réfugiés et migrants dans la Méditerranée montre que les gouvernements européens continuent à s'abstenir de fournir les ressources requises pour la mise en place d'une mission coordonnée de recherche et de sauvetage qui permettrait de sauver d'innombrables vies, a déclaré Amnesty International mercredi 4 mars.

Libye. Les éléments faisant état de crimes de guerre se multiplient au lendemain des frappes aériennes égyptiennes

De nouveaux témoignages recueillis par Amnesty International indiquent que l'armée de l'air égyptienne n'a pas pris les précautions nécessaires avant de mener une attaque qui a coûté la vie à sept civils dans un quartier résidentiel de la ville libyenne de Derna le 16 février.

Russie. Le meurtre de Boris Nemtsov doit faire l'objet d'une véritable enquête

L'homicide de Boris Nemtsov, un des militants politiques les plus célèbres de Russie, doit donner lieu à une enquête impartiale et efficace dans les meilleurs délais.

Quelques avancées en matière de droits humains en 2014

 

VICTOIRES AU NIVEAU MONDIAL 

  • L'année 2014 a été marquée par l'entrée en vigueur, après plus de 20 ans de mobilisation, du Traité sur le commerce des armes, signé par 130 pays et ratifié par 62. Cet instrument fournit un cadre destiné à limiter les transferts internationaux d'armes et de munitions. S'il est appliqué, il permettra de sauver des milliers de vies.
  • Au mois de décembre, 117 pays ont voté en faveur d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies visant à instaurer un moratoire sur les exécutions, dans la perspective d'une abolition totale de la peine de mort dans le monde. Depuis la dernière résolution de ce type, en décembre 2012, la Guinée équatoriale, l'Érythrée, Fidji, le Niger et le Suriname ont changé d'attitude et décidé de voter en faveur du moratoire, tandis que Bahreïn, le Myanmar, Tonga et l'Ouganda passaient du camp des opposants à celui des abstentionnistes.
  • Le rapport publié en décembre par la Commission spéciale du Sénat américain sur le renseignement sur le programme de détention mis en place par l'Agence centrale du renseignement (CIA) dénonçait non seulement en détails les abus scandaleux qui ont été commis, mais également l'ampleur de la complicité de certains pays européens ayant accueilli des sites de détention secrets ou ayant plus généralement aidé le gouvernement américain à organiser le transfert illégal, la disparition forcée et la torture et autres mauvais traitements de dizaines de détenus. 

MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD 

  • En février 2015, les autorités égyptiennes ont relâché Peter Greste, l'un des trois journalistes d'Al Jazira emprisonnés depuis plus d'un an sur la base de charges fallacieuses. Amnesty International continue d'appeler à la libération de ses deux collègues, Mohamed Fahmy et Baher Mohamed.
  • La Palestine a accédé en janvier 2015 au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Une enquête de la CPI devrait permettre de rompre le cycle infernal de l'impunité, responsable de la succession de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité perpétrés par les deux parties au conflit israélo-palestinien.
  • En janvier 2014, le Parlement marocain a voté à l'unanimité pour mettre fin à une lacune de la législation et ainsi garantir qu'un homme ayant eu des relations sexuelles avec une mineure de moins de 18 ans ne puisse plus échapper à la justice en s'engageant à épouser sa victime.
  • La Tunisie s'est dotée en février d'une nouvelle Constitution comportant de nombreuses garanties en matière de droits humains. Le prisonnier d'opinion tunisien Jabeur Mejri, qui avait passé deux années en prison pour avoir publié des articles et des dessins jugés offensants pour l'Islam, a été libéré en mai. Ni sa sentence ni sa condamnation n'ont toutefois été annulées pour l'instant. 

ASIE-PACIFIQUE 

  • La décision prise en mars par l'ONU de créer une commission indépendante chargée d'enquêter sur les crimes commis par les forces régulières et par divers groupes armés du Sri Lanka pendant la guerre civile a fait renaître l'espoir de milliers de victimes de torture, d'enlèvements et d'autres atteintes aux droits humains. 
  • En décembre, peu après la diffusion d'un rapport d'Amnesty International dénonçant le recours à la torture par la police des Philippines, le Sénat de ce pays a annoncé l'ouverture d'une enquête sur cette pratique fréquente au sein des forces de sécurité.
  • Au mois de novembre, soit 30 ans après la contamination de plus de 500 000 personnes, à Bhopal, lors de l'une des plus grandes catastrophes industrielles de l'histoire, le gouvernement indien a accepté de réexaminer à la lumière des données médicales et scientifiques disponibles une demande de dédommagement portant sur plusieurs millions de dollars et adressée à la société Union Carbide.
  • Au Cambodge, le tribunal des Khmers rouges a condamné à l'emprisonnement à vie Nuon Chea et Khieu Samphan, respectivement ancien numéro deux et ancien chef de l'État du régime khmer rouge.
  • En Malaisie, les condamnés à mort Chandran Paskaran et Osariakhi Ernest Obayangbon ont obtenu un sursis d'exécution, respectivement en février et en mars.
    • Amnesty International a pu se rendre au Viêt-Nam pour la première fois en plus de 20 ans et 2014 a été marquée par la libération d'au moins sept prisonniers d'opinion dans ce pays.  
    • Au mois d'avril, la Cour suprême de l'Inde a accordé une reconnaissance juridique aux personnes transgenres. Elle a estimé que les pouvoirs publics avaient l'obligation de reconnaître le droit des personnes transgenres à se déclarer homme, femme ou transgenre, et de leur accorder des avantages particuliers en matière d'éducation et d'emploi. 

AFRIQUE