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Questions fréquentes

Comment Amnesty International travaille-t-elle?

Tout notre travail de campagne et de recherche s’appuie sur des faits. Nos nombreuses activités consistent notamment à:

* Envoyer des experts s’entretenir avec les victimes;

* Assister à des procès en tant qu’observateurs;

* Poser des questions à des responsables locaux;

* Etre en contact avec les militants des droits humains;

* Passer en revue les médias internationaux et locaux;

* Publier des rapports détaillés;

* Informer les médias;

* Faire connaître nos préoccupations sous forme de dépliants, d’affiches, de publicités ou de lettres d’information ainsi que sur Internet.

Nous contribuons à faire cesser les atteintes aux droits humains en mobilisant l’opinion publique, grâce aux moyens suivants, pour qu’elle fasse pression sur les gouvernements, les groupes politiques armés, les entreprises et les organisations intergouvernementales:

* Manifestations publiques;

* Rassemblements silencieux;

* Envois de lettres;

* Education aux droits humains;

* Concerts pour sensibiliser l’opinion publique;

* Pressions directes;

* Appels ciblés;

* Pétitions électroniques et autres actions sur Internet;

* Partenariats avec des groupes qui militent localement;

* Activités locales;

* Coopération avec des groupes d’étudiants.

Le travail d’Amnesty International est-il efficace ?

Nous obtenons des résultats tangibles. Nous le savons parce que les personnes auxquelles nous venons en aide nous font savoir que notre travail de pression a porté ses fruits. Nous réussissons à persuader les gouvernements de modifier leurs lois et leurs pratiques. Notre solidarité permet aux gens de garder espoir.

Comment Amnesty International obtient-elle ses informations?

Spécialisées dans des pays et thèmes particuliers, les équipes de recherche enquêtent sur les informations faisant état d’atteintes aux droits humains. Elles recoupent et vérifient les renseignements émanant de sources et de contacts très divers.

Les informations qu’elles reçoivent proviennent de nombreuses sources:

* Prisonniers et autres personnes subissant des atteintes aux droits humains, ainsi que leurs représentants;

* Victimes d’atteintes aux droits humains et leur famille;

* Avocats et journalistes;

* Réfugiés;

* Diplomates;

* Organismes religieux et milieux associatifs;

* Organisations humanitaires et organisations de défense des droits humains;

* Défenseurs des droits humains.

Les équipes de recherche passent en revue les journaux, les sites Internet et les autres sources d’information. Amnesty International envoie souvent des missions d’enquête examiner la situation sur le terrain.

Comment Amnesty International veille-t-elle à la véracité de ses informations?

Aucun rapport et aucune déclaration ne sont publiés sans que le texte ait été approuvé du point de vue de son exactitude, de son impartialité politique et de sa conformité à la mission d’Amnesty International.

L’organisation travaille souvent sur des allégations plutôt que sur des faits incontestables. Lorsque c’est le cas, elle le dit clairement et peut demander l’ouverture d’une enquête.

Si elle commet une erreur, elle publie un rectificatif.

Les informations recueillies par les chercheurs d’Amnesty International ont une réputation de fiabilité et sont largement consultées par les gouvernements, les organisations intergouvernementales, les journalistes, les universitaires, ainsi que par d’autres organisations et groupes de défense des droits humains.

Comment Amnesty International obtient-elle des informations sur les pays « fermés »?

Lorsqu’Amnesty International se voit refuser l’entrée sur un territoire, ses équipes de recherche doivent parfois s’en remettre à des sources d’information extérieures au pays en question, notamment les médias, les experts, les réfugiés, les représentants diplomatiques et les défenseurs des droits humains.

Qui finance le travail d'Amnesty International?

La très grande majorité de nos revenus provient des dons versés par des personnes dans le monde entier. Ces dons de particuliers permettent à Amnesty International de rester totalement indépendante vis-à-vis des gouvernements, des idéologies politiques, des intérêts économiques et des religions. 
Pour mener notre travail de recherche sur les droits humains, nous ne sollicitons ni n’acceptons aucun fonds provenant de gouvernements ou de partis politiques, et nous n’acceptons de soutien que de la part d’entreprises triées sur le volet. 
Grâce à notre collecte de fonds basée sur des principes éthiques et aux dons des particuliers, nous pouvons continuer de défendre fermement et résolument l’universalité et l’indivisibilité des droits humains.

Amnesty International est-elle une organisation politique ?

Amnesty International est impartiale. Elle ne soutient ni ne s’oppose à aucun gouvernement ou système politique. Elle estime que les droits humains doivent être universellement respectés. Elle prend en charge des cas lorsqu’elle estime qu’il y a des raisons crédibles pour ce faire, quelles que soient l’idéologie prônée par le gouvernement et les opinions des victimes.

Amnesty International ne s’ingère-t-elle pas dans les affaires internes des États ?

Les droits humains transcendent les frontières. Ce principe a été reconnu par les principales organisations intergouvernementales du monde entier. Le fait même que les Nations unies se soient dotées d’une Commission des droits de l’homme, qui traite des violations commises dans le monde entier, indique à suffisance que les pratiques des gouvernements en la matière sont une préoccupation légitime qui justifie son examen par la communauté internationale. Amnesty International travaille sur ce principe, et vise à obtenir le respect des règlements internationaux par les gouvernements qui les ont eux-mêmes adoptés.

Pourquoi Amnesty International prend-t-elle en charge des cas de personnes qui ont violé les lois de leur propre pays ?

Les lois nationales elles-mêmes violent souvent les règlements internationaux qui protègent les droits de la personne. Dans de nombreux pays, les législations d’urgence restreignent radicalement les droits de tous les citoyens et permettent des détentions prolongées sans inculpation ni jugement. En examinant chaque situation, Amnesty International fait appel aux règlements internationaux relatifs aux droits humains. Le point de vue d’Amnesty International, c’est celui des victimes.

Quels sont les pays où il y a le plus de violations des droits humains ?

Amnesty International ne fait pas de « hit-parade » des pays violant les droits humains. Plutôt que d’établir des comparaisons, Amnesty International se concentre sur la lutte pour mettre fin aux violations spécifiques des droits humains dans chaque cas.

Nous publions chaque année un rapport qui fait le point sur l’état des droits humains dans plus de 150 pays.

Les droits humains ne sont-ils pas un luxe, plus particulièrement dans les pays les moins développés ?

Il ne peut y avoir de critères différents pour apprécier le respect des droits humains. Ils s’appliquent à chacun(e), dans chaque pays. Par ailleurs, les droits économiques, sociaux et culturels ne s’opposent pas aux droits civils et politiques ; ils sont tous essentiels à chaque société, quel que soit son niveau de développement. Sans les droits humains, tout progrès, quel qu’il soit, est difficile à atteindre.

Que fait Amnesty International pour les prisonniers politiques qui ont prôné ou utilisé la violence ?

Elle s’oppose à la torture et à l’exécution de tous les prisonniers, et réclame pour les prisonniers politiques des procès justes, équitables, et rapides, sans considération pour le fait qu’ils seraient accusés d’avoir prôné ou utilisé la violence. Cependant, Amnesty International veut la libération immédiate et inconditionnelle des individus emprisonnés uniquement pour l’exercice non violent de leurs droits fondamentaux.

Comment les membres d’Amnesty International participent-ils à la prise de décision ?

Amnesty International est un mouvement démocratique, participatif. À travers les groupes et les sections, les membres décident de la politique du mouvement qu’ils financent.

Toutes les sections ont leur propre structure interne garantissant la participation de leurs membres, et envoient des représentants au Conseil international, où les délégués des quatre coins du monde déterminent la politique du mouvement.

Est-il exact qu’Amnesty International a des liens avec des agences de renseignement ?

Non. Amnesty International est indépendante de tous les gouvernements et de leurs agences. Elle agit ouvertement et ne mène pas d’activités d’espionnage.

En s’opposant à la peine de mort, Amnesty International ne condamne-t-elle pas certaines traditions religieuses ?

L’idée des « droits humains » s’est développée à partir d’un mélange d’opinions religieuses et laïques, présentes dans beaucoup de sociétés depuis des siècles. Parmi celles-ci, on trouve les principes universels qui affirment que les individus ont une valeur intrinsèque, et qu’ils devraient traiter les autres de la même manière qu’ils voudraient être traités. Amnesty International compte parmi ses membres des adeptes de toutes les principales religions et philosophies ; chacune de celles-ci propose des enseignements qui peuvent servir de base à l’opposition des membres d’Amnesty International aux violations des droits de la personne. Malgré ce fait, quelques gouvernements justifient les violations des droits humains qu’ils pratiquent en se référant à des enseignements religieux. Amnesty International ne mentionne pas ces enseignements dans ses appels, mais encourage ceux de ses membres qui sont croyants à citer les enseignements correspondants de leur propre foi pour essayer de convaincre leurs coreligionnaires de la valeur du mandat d’Amnesty International.

Le terme « prisonnier d’opinion » est-il synonyme d’individu « innocent » ou « injustement » détenu ?

Non. Par exemple, une personne détenue erronément pour un crime n’entrerait pas forcément dans la catégorie des prisonniers d’opinion, telle que la définit le mandat d’Amnesty International, à moins que sa détention ne soit que le résultat d’une persécution de cette personne en raison de ses opinions ou de son identité. Dans les dossiers politiques, Amnesty International peut entreprendre une action par son travail pour un procès équitable en faveur de personnes injustement arrêtées, ou en cas de mauvais fonctionnement de la justice, ou encore de manquements dans le système pénal.

Pourquoi Amnesty International mène-t-elle campagne en faveur de procès rapides et équitables pour les prisonniers politiques, et pas pour tous les prisonniers ?

Bien que la Déclaration universelle des droits de l’homme demande un procès équitable pour tous les prisonniers, les préoccupations d’Amnesty International sont plus limitées. Si une personne est emprisonnée uniquement pour un délit de droit commun, et s’il n’y a pas lieu de penser que soit le crime, soit la peine, sont motivés par des raisons politiques, Amnesty International n’entreprendra pas d’action. Le mouvement ne peut travailler efficacement pour tous les prisonniers qui seraient victimes d’un mauvais fonctionnement de la justice. Amnesty International n’a pas les ressources nécessaires pour cela.

Quelle est la position d’Amnesty International sur les grèves de la faim ?

Il arrive fréquemment que des prisonniers entament des grèves de la faim, comme moyen de pression non violent sur les autorités, ou pour attirer l’attention du public. Amnesty International prend les mesures urgentes pour assister les prisonniers en grève de la faim lorsque leur action est clairement motivée par des raisons qui tombent sous le mandat d’Amnesty International. Si un prisonnier refuse de s’alimenter parce que, par exemple, il ou elle souffre de mauvais traitements ou est sous la menace de la torture, Amnesty International va agir. Elle ne joue pas le rôle de médiateur ou de négociateur dans les grèves de la faim, et elle ne prend pas position sur l’alimentation forcée des grévistes, à moins que ceci ne soit une cause de souffrance délibérée.

N’y a-t-il pas de circonstances dans lesquelles la torture ou des exécutions sont justifiées ?

Il n’y a aucune excuse pour la torture, ni aucune excuse pour la peine de mort. Ces deux types de mesure sont des peines cruelles, inhumaines et dégradantes. Certains justifient parfois la torture en affirmant qu’un petit mal peut aider à combattre un plus grand. La torture, disent-ils, permet d’obtenir des informations fiables qui permettent de combattre un « grand mal ». Mais des prisonniers torturés vont avouer n’importe quoi, même des actes qu’ils n’ont pas commis. De la même manière, ceux qui défendent la peine de mort affirment que les exécutions rendraient la société plus sûre. Pourtant, on n’a jamais pu prouver que les exécutions avaient un effet dissuasif sur aucun des crimes pour lesquels elle peut être d’application, y compris le « terrorisme », le meurtre ou le trafic de drogue. Les exécutions sont discriminatoires, irréversibles, et tellement brutales pour la société en général, qu’il y a des preuves qu’elles participent au renforcement de l’atmosphère de violence. Les Nations unies ont déclaré une interdiction absolue de la torture, et ont reconnu l’intérêt qu’il y aurait à abolir la peine de mort. En s’opposant aux traitements cruels infligés aux prisonniers, Amnesty International ne soutient aucun des crimes qu’ils auraient commis, et elle n’affirme évidemment pas que les criminels ne doivent pas être punis. Elle insiste seulement sur le fait que la punition doit respecter les principes fondamentaux des droits humains.

Amnesty International s’occupe-t-elle des droits économiques et sociaux ?

Pour Amnesty International, les droits humains sont indivisibles, c’est-à-dire qu’on ne peut pas respecter les droits civils et politiques d’une personne sans respecter ses droits économiques, culturels et sociaux. Et vice versa. Depuis août 2001, le mouvement a décidé de mener des campagnes contre les atteintes graves aux droits économiques, culturels et sociaux, si celles-ci découlent d’une politique de discrimination, ou constituent des violations de la liberté d’opinion et d’expression, ou une atteinte à l’intégrité physique et psychique de la personne.

Par ailleurs, Amnesty International travaille à la promotion des textes internationaux relatifs aux droits économiques, culturels et sociaux, ainsi qu’à leur amélioration et à leur application. Elle s’adresse également aux instances telles que le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale, pour que leurs politiques soient marquées clairement par le respect des droits de la personne.

 

 

 

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