Algérie. Les forces de sécurité ne doivent pas recourir à une force excessive contre des manifestants pacifiques

Algérie. Les forces de sécurité ne doivent pas recourir à une force excessive contre des manifestants pacifiques

Les forces de sécurité algériennes doivent s’abstenir de recourir à une force excessive ou inutile pour disperser des manifestants pacifiques qui protestent contre l’intention du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, a déclaré Amnesty International à la veille de nouvelles manifestations prévues ce vendredi 1er mars à travers le pays.

Depuis le 22 février, des manifestations majoritairement pacifiques se sont succédé dans toute l’Algérie, organisées notamment par des avocats, des étudiants et des journalistes opposés à ce qu’Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis près de 20 ans, se présente pour un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle du 18 avril.

« Tandis que la tension monte en même temps que la contestation, Amnesty International demande aux autorités algériennes de faire preuve de retenue, de respecter les droits des manifestants et de ne pas faire usage d’une force excessive ou inutile pour réprimer des manifestations pacifiques », a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« À l’instant présent, le monde a les yeux braqués sur l’Algérie, et la façon dont le gouvernement choisira de répondre à ces manifestations sera un indicateur crucial de la force de son engagement à respecter les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

« Les forces de sécurité ne doivent utiliser la force qu’en dernier recours et, même à ce moment-là, elle doit être proportionnée et absolument nécessaire. »

La vaste majorité des manifestations se sont déroulées de façon pacifique, mais quelques participants ont jeté des pierres après que des agents des forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes.

Les autorités algériennes ont autorisé la tenue de ces défilés de protestation malgré une interdiction générale de manifester dans la capitale, Alger, en vigueur depuis 2001.

Toutefois, selon les chiffres officiels, au moins 41 manifestants ont été arrêtés depuis le début des manifestations, vendredi 22 février. La plupart ont été détenus arbitrairement pendant quelques heures avant d’être relâchés. Au moins quatre journalistes ont en outre été arrêtés, jeudi 28 février, lors d’une manifestation en faveur de la liberté de la presse à laquelle ils participaient ou dont ils effectuaient la couverture médiatique. Eux aussi ont été libérés.

« S’en prendre à des manifestants à l’aide d’arrestations arbitraires ou de poursuites représenterait une violation flagrante du droit à la liberté d’expression et de réunion.

Les autorités algériennes doivent veiller à ce que leurs actions ne soient pas contraires à la Constitution de leur propre pays ou à leurs obligations au regard du droit international », a déclaré Magdalena Mughrabi.

« Elles doivent également garantir le droit des manifestants de circuler librement et veiller à ce que les journalistes soient en mesure d’effectuer librement leur travail autour de ces événements, sans qu’une censure soit exercée sur leur couverture médiatique. »

Publié le 28.02.2019

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